Développement personnel

Pourquoi j’ai décidé de faire une pause Instagram

18 août 2021

Il faut qu’on parle 

Entre Instagram et moi c’est un peu une relation du style « je t’aime, moi non plus ».  

Jeudi 18 août : 24 jours sans Instagram et tout va bien. On dirait le journal de bord d’une toxico non ? Il m’est souvent arrivé d’aller sur l’appli sans le vouloir, tel un robot. En gros, j’ai mon téléphone en main et de manière automatique mes doigts glissent sur l’icône et je clique dessus…et je regarde sans vraiment regarder, de manière passive. Un vrai zombie absorbé par un écran, c’est flippant…ça me fait penser au super documentaire « derrière nos écrans de fumée » sur Netflix. Je vous conseille de le regarder, ça fait froid dans le dos mais on y retrouve parfaitement les causes de nos addictions aux réseaux sociaux et les conséquences sur notre santé mentale.

Je ressens régulièrement le besoin de faire des « pauses » Instagram c’est-à-dire que j’arrête de poster pendant quelques jours mais que je continue tout de même à regarder quelques stories et à utiliser la messagerie. Cela m’arrive quand je sature du côté narcissique et auto-centré des contenus postés. Vous savez, j’ai un peu cette sensation d’écœurement qu’on peut avoir quand on a mangé trop de chocolat. Je fais une petite détox digitale et hop ça repart comme avant. Et puis, le bal des mauvaises habitudes reprends : Instagram le matin au réveil, un peu en fin de matinée, le midi, plusieurs coups d’œil dans l’après-midi et puis le soir…surtout le soir juste avant de dormir, je scroll encore et encore mais dans quel but d’ailleurs ?!

 

On fait un break?

Fin juillet, j’ai de nouveau eu ce grand besoin de pause avec Instagram mais cette fois-ci je sentais que celle-ci allait être plus longue et surtout différente. Avant cette pause, j’ai publié quasiment tous les jours en stories. Créer, partager, inspirer…j’aime ça. Sauf que là, je me sentais accro et je déteste ça. Et puis, il y a le coté plus malsain : vouloir à tout prix partager sur les réseaux quand on vit un truc cool. Je ne dis pas que partager un bon plan de resto ou autre est négatif, au contraire, Instagram m’inspire énormément à plein de niveaux. J’ai aussi remarqué que j’avais souvent tendance à vouloir absolument poster quand je faisais un truc cool comme un super resto ou une sortie stylée. Comme s’il fallait absolument immortaliser ce moment et le montrer « au monde » pour qu’il ait une certaine valeur sociale. Pourquoi sommes-nous autant à poster quand nous sommes en vacances ou en soirée ? Je poste donc je suis ? 

Partager pour inspirer : oui. Partager pour se vanter/prouver/combler un manque : non.

 

C’est pas toi, c’est moi…

Je pense vraiment qu’Instagram est le reflet de ce que l’on en fait et de qui l’on décide de suivre. Dis-moi qui tu follow, je te dirais qui tu es. Il y a encore deux ans, je suivais environ 850 comptes. Pour moi, c’est beaucoup trop. Quand je suivais autant de comptes, je scrollais plus longtemps car il y en avait tellement ! Quel intérêt de suivre des gens si c’est pour à peine regarder leur contenu ?! Depuis, j’ai fait un grand tri et je continue à en faire régulièrement. Je prends le soin de ne garder que des comptes qui m’apportent quelque chose de positif. Je préfère la qualité à la quantité. J’arrête de suivre les comptes qui certes en apparence vont m’envoyer du rêve mais qui, finalement, vont me laisser un arrière-goût d’amertume ou de comparaison malsaine : « ma vie est nulle comparé à la sienne ». Quand j’y pense, c’est un peu bizarre de comparer ma vie à celles de personnes dont je ne sais rien, à part ce qu’elles choisissent de montrer sur les réseaux. Le temple de l’Ego, des filtres, du conformisme, de la surconsommation et des illusions. J’ai fait une overdose de tout cela et j’ai eu besoin de m’éloigner de cette partie d’instagram. (heureusement il existe aussi une autre partie avec des comptes géniaux et inspirants)

J’ai arrêté de suivre certaines influenceuses dont les contenus trop superficiels et narcissiques sont des copiés collés : mêmes poses, mêmes looks, mêmes apparts …on dirait des clônes, c’est flippant. Avec du recul, j’ai commencé à voir cela d’un autre oeil. Cet égo trip est devenu la norme puisque avoir un feed composé exclusivement de photos de soi est devenu banal apparemment. Vous imaginez, c’est un peu comme si chacun ouvrait un musée dédié à soi-même. Cette mise en scène de soi permanente…je trouve ça fou!  Le narcissisme cherche la validation/l’amour à l’extérieur, il tente de combler des brèches. L’amour de soi se trouve à l’intérieur, il n’a rien à prouver/montrer. Il EST.  Je ne me reconnais pas dans ces comptes où l’apparence physique est vue comme une réussite, un « goal » à atteindre, une perfection enviée. Il n’y a qu’à jeter un oeil aux commentaires, beaucoup sont fascinés par ces nanas là. Ces contenus trop lissés à l’apparence de « vie parfaite » me mettent mal à l’aise, j’ai l’impression de voir des personnages de fiction tellement tout parait fake. Je me demande surtout quelles failles se cachent derrière cette course à la perfection. Quand je fais du tri dans mes abonnements, je me sens moins « polluée » par du contenu qui ne m’apporte rien de bon. Less is more encore et toujours.

Mais cela ne suffit pas ! Il y aussi l’utilisation d’Instagram et notamment le nombre de fois où j’ouvre l’appli. J’ai choisi de me limiter à 30 minutes d’utilisation par jour. C’est dingue comme 30 minutes passent vite, surtout sur Instagram où il y a TOUJOURS du nouveau contenu proposé. Et oui car il y a aussi cette peur, la FOMO, (Fear of missing out) de louper une info « importante », d’où cette envie irrépressible de se connecter très régulièrement pour voir ce qu’il y a de nouveau depuis la dernière connexion, autrement dit quelques minutes auparavant…J’y vais parfois juste pour répondre à mes MP et je me retrouve 30 minutes plus tard à regarder la vie des gens…au lieu de vivre la mienne. Et quand l’appli se bloque, je me retrouve parfois à cliquer sur « ignorer la limite encore 15 minutes »…une droguée, je vous le dis. Le fait de bloquer l’appli permet de ne pas voir les notifications et donc ne pas être tentée d’aller voir ce qui se cache derrière ce rond rouge avec ces chiffres qui semblent me dire « DOUZE. Douze messages importants t’attendent. CLIQUE, ET VITE. »

Ok ! Donc le tri c’est fait, la limite de temps aussi, maintenant je fais quoi sur l’appli ? Avant cette pause, j’avais déjà pris l’habitude de ne regarder seulement que quelques stories (Il y en a vraiment qui regardent TOUTES les stories affichées ?!) Je regarde les stories d’une dizaine de personnes en général, les mêmes, celles qui s’affichent en priorité quand j’ouvre insta. Celles qui me font du bien, me font rire ou m’apprennent quelque chose. Autre gros point positif du tri : je scroll moins longtemps pour voir tous les posts et comme tout le monde ne poste pas chaque jour, c’est du temps en moins sur l’appli et du temps gagné pour faire autre chose. 

 

J’ai rencontré quelqu’un d’autre

Cette pause me permets de prendre du recul par rapport à ma manière de partager sur instagram et surtout à me poser cette question : pourquoi je le fais ?

Dernièrement je ressentais moins de plaisir à partager et il m’est déjà arriver de me forcer à publier de manière plus régulière pour plaire à ce cher algorithme. Clairement, Je n’ai plus envie de faire en fonction de l’algorithme ou en fonction de ce qui est censé plaire au plus grand nombre. Je ne sais pas combien de temps va durer cette pause mais une chose est sûre, prendre mes distances avec Insta me fait beaucoup de bien. Je remarque que j’ai gagné en créativité et en concentration. J’ai les idées plus claires car j’ai davantage d’espace libre dans ma tête. Idem concernant mon énergie, j’ai retrouvé un cercle vertueux grâce à l’effet boule de neige. Je m’explique, si le matin je me réveille sans regarder insta, je rentre immédiatement dans une autre dynamique, je prends le temps de m’étirer, respirer…au lieu de passer sans transition aucune, de l’état de sommeil à un autre état léthargique, celui de : « je mate des stories comme un zombie ». C’est justement ce petit changement de rituel matinal qui a crée une impulsion positive sur les autres actions de ma journée.  Je me sens davantage « ancrée » dans la vraie vie et moins parasitée par cette hyperconnexion. En fait, même si je n’y passais pas beaucoup de temps, j’ouvrais l’application hyper fréquemment, une vraie manie compulsive qui ne m’aidait pas à déconnecter. Je me suis rendue compte que j’ai accumulé tellement d’infos inutiles sur la vie de personnes que je ne connais même pas dans la vraie vie. Et inversement, je prends moins le temps de prendre des nouvelles de personnes que je connais puisque j’ai l’impression d’être au courant de leur vie via ce qu’elles montrent en stories. Je connais leur vie dans les grandes lignes donc j’ai l’impression d’être en contact avec elles, alors que pas du tout. C’est là toute l’illusion. J’ai l’impression d’être hyper connectée aux autres en ayant pleins d’infos sur la vie de chacun alors qu’au final, pas du tout. Envoyer un émoji flamme en « réaction » à une story ce n’est pas prendre des nouvelles. Bonjour tristesse dirait Sagan. J’aime l’idée de garder mon jardin secret et de ne pas trop en dévoiler sur les réseaux sociaux. C’est essentiel de cultiver une part de mystère et d’inconnu. Le meilleur se vit en dehors des écrans, quand on ne pense même pas à faire de story tellement on passe un bon moment et qu’il se suffit à lui-même. Et je me rends compte à quel point je me sens plus apaisée de me réveiller et m’endormir sans ouvrir Instagram parce qu’on le sait très bien, le coup du : « allez, juste un petit coup d’oeil », c’est un gros mytho.

 

On reste amis ?

Je reviens à la phrase que j’ai écrite un peu plus haut. Je pense vraiment qu’Instagram est le reflet de ce que l’on en fait et de qui l’on décide de suivre. J’ai envie de garder le meilleur qu’Instagram peut offrir et mettre de côté ce qui ne me convient pas. Instagram m’apporte pleins de belles opportunités, cadeaux, rencontres, inspiration, motivation… Je compte bien en profiter encore à fond. J’ai simplement décidé de l’utiliser différemment.

 

A bientôt, ici…ou sur Instagram 😉

Xx

Coralie

 

 

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