Développement personnel

Les effets négatifs du développement personnel

23 août 2020

Recettes magiques pour réussir sa vie

C’est dingue comme ma vision du développement personnel a évolué depuis quelques mois. Quand on découvre cet univers, on est un peu comme un enfant émerveillé par toutes ces découvertes, on a soif d’en découvrir et d’en apprendre toujours plus. Alors on lit des livres, on regarde des vidéos, on suit de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux qui nous abreuvent de phrases magiques et positives, on se fait recommander de tester ceci ou cela, on visualise avec des tableaux de visualisation, on s’intéresse à la loi de l’attraction, on fait des rituels avec la lune, on essaye des thérapies en tous genre.

En bref, on est comme shootés à la dopamine avec cette friandise douce et réconfortante qu’est le développement personnel. La promesse est si belle, le bonbon joliment emballé, qui n’aurait pas envie d’y goûter ? Cela semble si simple quand on lit un ouvrage sur ce sujet. Moi, la première j’ai été séduite par toutes ces promesses pour accéder à une vie plus heureuse et épanouie. Alors, un peu comme un programme clé en main, j’ai lu beaucoup de livres, expérimenté des thérapies, fait des rituels avec la lune et surtout dépensé énormément d’argent avec l’espoir d’accéder au saint graal : le bonheur et la paix intérieure.

Les premières années, j’avais l’impression de redécouvrir le monde avec un regard neuf et rempli de paillettes. L’effet « whaou » était au rendez-vous. Cet éveil spirituel m’a apporté des clés de compréhension sur moi et sur les autres, m’a permis d’avancer et de grandir, de cultiver plus d’amour pour moi et les autres, de réveiller ma créativité et ma joie, de voir au delà des apparences. Je me suis réellement vu changée.

Un marketing bien rodé

Une fois l’effet kiss cool passé, les peurs et les angoisses qu’on avait gentiment rangées au placard refont alors surface à un moment ou à un autre. Bah oui, ça faisait sale ces émotions « négatives » sur notre si joli tableau de ce bonheur parfait. J’ai l’impression que le développement personnel est devenu un programme marketing très bien léché où l’on nous promets monts et merveilles. On nous vends du facile, du rapide, du simple. La vérité c’est que la vie n’est pas idyllique, elle n’est pas horrible non plus. Elle EST tout simplement. Parfois on trouve la vie chouette car on passe une bonne journée, il fait beau, on a mangé dans un bon resto, on a vu cette amie avec qui on a bien rigolé. Et puis parfois, on la trouve moche car on a appris une mauvaise nouvelle, on s’est disputé avec un proche, on a fait une crise d’angoisse. Bref, la vie en somme avec ses hauts et ses bas. C’est dur d’accepter l’impermanence des choses et de la vie. Alors oui ce n’est pas vendeur dit comme cela mais pourtant ce n’est ni négatif ni pessimiste. Une seule chose est permanente : le changement.

Un travail profond sur soi ne permets pas de classer des « dossiers » et de se débarrasser définitivement de certaines peurs, attitudes ou fonctionnements. Encore ce furieux besoin de tout contrôler, comme si on pouvait contrôler sa vie…..pure illusion! Derrière l’intérêt que l’on peut porter au développement personnel, il y a cette recherche de remèdes « efficaces » à nos problèmes. On nous propose alors des méthodes avec à la clé : résultats rapides et concrets.

Nourrir notre égo

On nous pousse à devenir la meilleure version de soi-même (bonjour la pression!) , ce qui porte à croire qu’au moment présent nous ne sommes pas « assez ». J’ai parfois l’impression que derrière ces beaux préceptes se cache une course à la productivité. On veut être productif en amour, avec des relations utiles (du style : il me faut un retour sur investissement), un corps ultra sain, mais oui voyons on peut toujours faire PLUS et être une version upgradée de soi-même un peu comme un iPhone qu’on changerai tous les ans car il y a toujours MIEUX.

J’ai du mal à me retrouver dans ce développement personnel « à la mode » et tous ces vendeurs de rêves (avec un marketing bien ficelé je le reconnais) , leurs phrases accrocheuses, les paillettes, les mantras positifs qu’on picore comme des shots thérapeutiques. Ces personnes qui proposent des recettes pour avoir « confiance en soi en 3 semaines » ou « comment se libèrer de ses blessures en 5 étapes ». On peut très facilement se faire berner par certaines personnes qui, avec énormément d’aplomb affirment qu’ils peuvent nous aider à vivre une vie extraordinaire. Ils jouent sur la simplicité du langage, la connivence affective en nous tutoyant pour instaurer une complicité, ainsi on se sent compris, on se reconnait dans leurs discours. J’ai fait une overdose de ce développement personnel édulcoré.

Pour nuancer un peu mon propos, je dirais que tout n’est pas « mauvais » mais je pense qu’il faut faire preuve de discernement et prendre du recul dans toutes les informations et conseils donnés. En fait, ce qui me gène c’est ce côté très « américain » qui prône un modèle de vie réussie avec des critères bien précis avec des cases à cocher pour avoir une vie de rêve. J’ai arrêté de regarder du contenu trop aseptisé et trop « superficiel » de certaines vidéos ou comptes Instagram. Aujourd’hui, je suis très peu de comptes de développement personnel sur Instagram. J’aime beaucoup celui de Marie Contentin (@marie__contentin) que je trouve très inspirante et lucide…ce qu’elle partage est brut, authentique, il n y’a pas de phrases toutes faites qui font du bien sur le moment mais qu’on oublie 5 minutes plus tard quand on est dans la vraie vie avec son lot d’émotions, de contrariétés, d’imprévus. Ces textes sont toujours hyper impactants, ils me bousculent souvent mais dans le bon sens du terme. 

Déception et frustration

Sur instagram ou Youtube, on peut y trouver pléthore de contenu «paillettes-licornes-coeur-avec-les-doigts » . Des belles phrases prononcées avec en fond une musique digne d’une superproduction Hollywoodienne, une belle plage ou villa en guise de décor…En vérité, c’est souvent de la poudre aux yeux, du maquillage pour notre mental angoissé, l’ego est content et rassuré. Les peurs sont justes cachées le temps d’un moment. On les met au placard pour ne plus les voir. Hélas, comme avec du bazar qu’on mettrait dans un coin pour avoir l’impression qu’une pièce est rangée, le bazar est toujours là quelque part même s’il n’est pas visible de prime abord. Entreprendre un « travail » sur soi, (je n’aime pas ce terme mais je n’en trouve pas d’autre) est quelque chose de très bénéfique car il permet de se connaitre et de se cheminer vers cette fameuse paix intérieure. D’un autre côté, il y a aussi cette quête à outrance du bonheur et comme l’être humain a cette propension à vouloir tout contrôler et à vouloir tout, tout de suite, il est prêt pour assouvir ce besoin de bonheur permanent. 

Eviter les pièges 

J’ai voulu partager mon point de vue sur ce sujet car ça fait plus dans six ans que je m’intéresse à ce domaine et j’ai pu constaté par moi-même les bienfaits mais aussi les écueils qu’il comporte. J’avais envie de mettre en lumière cette partie moins dorée et moins abordée pour éviter de se perdre dans ce miroir aux alouettes. Oui, le développement personnel peut être une véritable aide et un coup de pouce pour nous offrir un regard neuf sur nous et le monde. En revanche, il peut aussi être dangereux et nous rendre malheureux et c’est un comble pour une approche qui veut nous rendre plus épanouis. On peut même culpabiliser de ne pas être « assez » : pas assez positif, pas assez efficace, pas assez serein, pas assez réussi. La norme étant de réussir sa vie à tout prix. Certains coachs proposent même des programmes pour devenir, je cite : « une machine de réussite ». 

La vraie vie 

Pour terminer je dirais qu’on peut avoir lu des tonnes de bouquins, fait des thérapies, appris à être plus positif mais qu’en est-il sur du long terme? De plus, à force de se poser des questions et de vouloir comprendre, analyser, décortiquer on ne cesse de se poser des questions sur tout et cela peut nous amener à être insatisfait et frustré. A force d’être dans cette analyse poussée de soi, on perds plus de temps à apprendre à vivre qu’à VIVRE. 

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